MODEX et LogiMAT 2024, les rendez-vous incontournables des professionnels de la logistique et de la chaîne d’approvisionnement, ont suscité un vif engouement, les participants se plongeant dans l’univers de l’automatisation et, plus particulièrement, des véhicules à guidage automatique (AGV). Bien que ces événements se soient déroulés sur deux continents et aient attiré près de 100 000 visiteurs à eux deux, bon nombre des questions posées à BALYO au sujet des AGV sur les stands des salons présentaient des similitudes frappantes.
Au milieu de l’effervescence des salons, cinq questions sont ressorties comme les plus fréquemment posées, donnant un aperçu des préoccupations des professionnels de la logistique qui cherchent à s’ouvrir à l’avenir de la manutention.
5 questions brûlantes sur les AGV
Ce chariot élévateur robotisé est-il un robot mobile autonome (AMR) ou un AGV ?
Cette question ne cesse de laisser perplexes tant les professionnels de la logistique et de la chaîne d’approvisionnement que les chercheurs. La réponse courte est : oui.
Les AGVd’aujourd’hui partagent des technologies et des caractéristiques similaires à celles des AMR, notamment le déplacement autonome (par exemple, sans fil de guidage ni réflecteurs), l’intégration avec les technologies ERP/WMS pour recevoir des commandes sans intervention humaine, et le fonctionnement 24 heures sur 24. Et oui, ces deux types d’engins sont bien des robots.
La réponse devient toutefois plus délicate lorsqu’on examine l’agilité de ces deux types de véhicules. Les AMR peuvent généralement contourner les objets avec une agilité et une souplesse remarquables. Ils transportent des charges légères qui ne présentent aucun danger pour les personnes ou la machine s’ils se contentent de contourner un obstacle. Les AGV, quant à eux, transportent des tonnes de marchandises ; c’est pourquoi, pour des raisons de sécurité évidentes, ils s’arrêtent lorsqu’ils rencontrent un obstacle et ne reprennent leur mission qu’une fois celui-ci écarté. Cette question revient si souvent que nous avons rédigé un article de blog intitulé « Les frontières floues entre les AMR et les AGV » si vous souhaitez une réponse plus approfondie.
Comment fonctionnent ces AGV ?
Comment ces AGV fonctionnent-ils réellement ? Au début, nous, les Balyonautes présents sur le stand, avons été surpris que cette question soit posée après avoir clarifié la distinction entre les AGV et les AMR, mais nous nous sommes ensuite rappelé que les AGV ne constituent pas exactement une technologie nouvelle.
Cependant, les AGV modernes sont bien plus avancés que leurs prédécesseurs « préhistoriques ». Autrefois (vers l’an 2000), l’installation d’AGV était une opération complexe consistant à creuser des tranchées dans le sol pour y loger des fils de guidage permettant un déplacement automatisé.
Les AGV d’aujourd’hui ont remplacé les fils de guidage par le LiDAR 3D et la localisation et cartographie simultanées (SLAM) pour un déplacement véritablement autonome partout dans l’entrepôt. Autre technologie d’antan : les réflecteurs qui permettaient aux robots de prélever ou de déposer des palettes depuis les rayonnages ont désormais été remplacés par des caméras montées sur le mât. « Sans infrastructure et véritablement autonomes » : tel est le mot d’ordre des AGV modernes.
Combien de temps faut-il pour mettre en place des AGV ?
Dans le monde trépidant de la logistique et de la préparation des commandes, chaque seconde compte. Bien que nous ne puissions pas nous prononcer au nom de tous les fournisseurs d’AGV, nous pouvons affirmer que BALYO mobilise d’importantes ressources pour rendre la transition entre la manutention manuelle des palettes et la manutention entièrement sans conducteur aussi simple et rapide que possible.
Cela commence par la construction de nos AGV robotisés à partir de véhicules OEM standard de Linde MH et du groupe Hyster-Yale. Cette simple différence par rapport aux AGV sur mesure vous permet de réduire le délai de production de près de six mois.
La deuxième façon dont nous simplifions les choses réside dans nos processus et technologies « User Journey ». En moins d’une journée, nous pouvons créer un jumeau numérique de votre entrepôt ou de votre site de production. Nous utilisons ensuite cette carte pour commencer à définir vos missions et vos circuits dans nos outils Road Editor, qui permettront de créer une simulation complète de vos flux logistiques.
Grâce à cette approche «Know Before You Go» (savoir avant de se lancer) du déploiement des AGV, vos robots sont prêts à être mis en service et à commencer à travailler dès leur arrivée sur site.
De combien d’AGV aurai-je besoin ?
Cette question est délicate et la réponse varie d’une application à l’autre.
En règle générale, pour chaque chariot élévateur en service, il vous faudra 1,5 AGV pour le remplacer. La question qui se pose naturellement ensuite est : pourquoi ? La sécurité est une préoccupation primordiale lors de l’intégration d’AGV dans des environnements d’entrepôt, en particulier dans les espaces de travail partagés où les humains et les robots interagissent.
En raison des normes et réglementations internationales, les AGV fonctionnent souvent à une vitesse légèrement inférieure à celle d’un cariste manuel moyen. La seule exception à cette règle concerne le déplacement de marchandises vers des rayonnages en hauteur. Dans ce cas, comme le montre cette vidéo, les AGV peuvent suivre le rythme, voire dépasser la vitesse de leurs homologues humains.
Combien coûtent les AGV ?
La réponse simple est : plus cher qu’un chariot élévateur manuel classique. Cependant, vous adopteriez une vision à court terme de votre investissement dans un AGV si vos calculs se limitaient strictement au présent. Même si un AGV peut coûter trois ou quatre fois plus cher qu’un véhicule classique, vos économies à long terme sont exponentiellement plus importantes.
Tout d’abord, un AGV ne nécessite aucun conducteur, ce qui vous permet de réaliser immédiatement des économies sur les salaires et les avantages sociaux. Il n’y a aucune perte de productivité, car l’AGV ne se mettra pas en arrêt maladie et n’aura pas besoin de partir plus tôt. Les AGV ont une durée de vie plus longue qu’un chariot élévateur manuel, car chaque mission et chaque charge utile sont contrôlées par un algorithme. Grâce à cette approche méticuleuse de la manutention, vous ne poussez pas les robots au-delà de leurs limites de fonctionnement idéales, ce qui, à long terme, réduit l’usure du véhicule.
Enfin, les AGV vous ouvrent la voie à de nouveaux modes de fonctionnement. De nombreux acheteurs potentiels d’AGV avec lesquels nous avons discuté cherchaient à passer à un fonctionnement en 3 équipes ou 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Dans ce cas, le retour sur investissement des AGV est indéniable et peut être atteint en dix-huit mois, voire moins.
Même si les salons MODEX et LOGIMAT sont terminés pour cette année, la nécessité pour les professionnels de la logistique et de la chaîne d’approvisionnement d’améliorer leurs opérations est un parcours sans fin. Ce que nous avons retenu des événements de cette année, c’est que l’intérêt pour les AGV ne cesse de croître, mais qu’il existe encore de nombreux mythes, idées fausses et malentendus quant à la capacité des AGV à transformer les environnements d’entrepôt et de fabrication. À mesure que les AGV continuent d’évoluer et de gagner en maturité, ils sont en passe de devenir des atouts indispensables dans l’écosystème des entrepôts modernes, portant l’efficacité, la sécurité et la productivité vers de nouveaux sommets.